lundi 23 juin 2008

LE PARADOXE ALCATEL

Plus de 2 000 actionnaires d’Alcatel-Lucent ont tenu leurs assises le vendredi 30 mai 2008. Au vu des résultats issus de cette réunion, on peut affirmer que la « noble assemblée » a accouché d’une souris. Puisqu’il y a un pilote dans l’avion, et comme cet avion doit décoller un jour, pour y arriver il faudra lâcher du leste. Du côté des employés, on grimace, l’œil inquiet en se disant « et maintenant… ? ». On devine aisément ce qui attend les salariés.

A propos de pilote, en voilà un qui pourra payer un beau pot de départ. Encore faut-il pour cela qu’elle ait des invités. Certainement chez les actionnaires… Pat Russo, la directrice générale d’Alcatel-Lucent, vient de se voir octroyer des indemnités de départ très confortables par l’assemblée générale du groupe. L’américaine a pris la main en avril 2006 de l’équipementier électronique, fruit de la fusion des deux géants Alcatel et Lucent. L’opération ne s’était pas faite sans dommages puisque 8 800 postes étaient supprimés dans le monde. Un an plus tard, la mayonnaise n’avait toujours pas pris et, 12 500 suppressions d’emplois, dont 1 468 en France étaient annoncées. Résultat : 3,5 milliards d’euros de pertes pour 2007 et le titre a été dévalué de plus de 50% depuis 2006. Aucun dividende ne sera donc versé cette année aux actionnaires. Mais ces derniers ne sont pas rancuniers.

Après avoir hué l’an passé, ils ont accepté les modalités d’obtention des indemnités de départ de la directrice générale qui a perçu quelque 1,8 millions d’euros en 2007. Elle a, par ailleurs, reçu plus de 3 millions d’euros en stock-options. Il n’y a pas de mots justes pour qualifier l’octroi des indemnités à Madame Russo. En plus, lorsqu’on visionne la vidéo de l'assemblée des actionnaires, on constate que Madame Russo n'a pas un seul instant eu une attitude de quelqu'un qui se sentait concernée par ce qui arrive à l'entreprise. Pour la CFTC, qui craint d’autres plans sociaux, ces indemnités de départ sont inadmissibles.

La CFTC en a plus qu’assez du déséquilibre entre les revenus outranciers du haut management et les miettes accordées aux salariés.