jeudi 14 mai 2009

Bureaux partagés sur Vélizy, un projet fumeux

Sur le site de Vélizy, la direction d’ ALF lance une expérimentation de flexOffice (bureau partagé, en français). Elle espère généraliser ce mode de vie des salariés de Vélizy très rapidement pendant les mois à venir.

De quoi s’agit-il ?
Les salariés n’ont plus de bureaux fixes assignés. Lorsqu’ils arrivent sur le site, il recherchent un bureau disponible pour travailler.

Sous prétexte de faire des économies de places, la direction va faire perdre du temps aux salariés qui devront quotidiennement :

  • Rechercher un bureau libre avec le risque si tous les collègues sont présents de se retrouver dans un autre bâtiment que celui de ses collègues arrivés plus tôt (chaises musicales),
  • Brancher/configurer tous les jours leurs équipements professionnels (PC, téléphones,..)
  • Déplacer manuellement les caissons (parfois lourds) contenants les documents/ouvrages de travail : tâche impossible pour certains salariés handicapés ou souffrant du dos
  • Difficultés pour rencontrer les collègues, il faudra les chercher.
  • Veiller à la sécurisation des documents, ne pas les oublier sur le bureau, ne pas se tromper d’imprimante, etc.…
Il faut noter que les salarié arrivant tard (ayant le plus de temps de transport ou des impératifs familiaux) se retrouveront toujours au pire places (bruit, passages…) car

premier arrivé = premier servi


Pour ALF (ALF ?) , les inconvénients sont évidents :
  • Perte de valeur des salariés qui ne se sentiront plus que comme étrangers, de passage.
  • Perte de temps/énergie/motivation des salariés dans des tâches manuelles sans intérêt
  • Perte de l’esprit d’équipe, individualisation importante du travail avec tous les inconvénients qui en découlent.
  • Risque d’accident du travail lors de la manipulation des caissons

Au vue de toutes les contraintes de Flex Office, De nombreux groupes l’ont déjà expérimenté et en sont vite revenus. C’est assez dommage, et en tout cas pas judicieux de faire fit des expériences vécues ailleurs pour éviter de perdre de l’énergie et de l’argent.

Dans ce contexte pénible, la CFTC demande le maintien de poste de travail fixes pour :
  • les salariés handicapés ou salariés souffrant de pathologies incompatibles avec la manipulation de caissons.
  • les personnes ayant des dossiers papier à gérer (secrétariats, gestionnaires,…).
  • les salariés travaillants sur des environnements complexes à installer (notamment en R&D)
  • les salariés travaillant en décalé vers le soir(contraintes business ou familliales)
La CFTC demande également que soit prise en compte de la confidentialité personnelle
: que les écrans des PCs ne puissent en aucun cas être lus par des tiers.
La CFTC demande que ces bureaux flexibles soient réservés aux volontaires, motivés par une prime de contrainte, versée mensuellement de xx euros.

La CFTC dénonce ce principe rétrograde : après une augmentation nulle, un bonus ridicule, il s’agit non plus d’une double peine pour les salariés en 2009, mais d’une triple peine.