Adieu les 35 heures, adieu les jours fériés, adieu les week-ends
La loi remettant en cause les 35 heures est discutée actuellement à l’Assemblée nationale.
La loi remettant en cause les 35 heures est discutée actuellement à l’Assemblée nationale.
Demain, des 35 heures, il ne restera plus qu’un marqueur permettant de déclencher le paiement des heures supplémentaires financées à 25%, sauf si un accord collectif prévoit une rémunération inférieure.
La réduction du temps de travail vole en éclat avec la promulgation de cette loi.
Encore une fois, ce sont les seuls salariés qui supporteront le poids de cette réforme.
Les entreprises, après avoir obtenu une flexibilité importante et les aides financières, vont garder tous ces acquis sans rien céder et encaisser ce nouveau cadeau du gouvernement.
Quant aux salariés, ce qui les attend, ce n’est pas un retour à la situation initiale des 39 heures, c’est la possibilité d’une explosion de leur durée de travail dès la rentrée prochaine. Cette explosion répondra aux besoins des entreprises.
Certes, les accords d’entreprises majoritaires seront nécessaires pour appliquer cette nouvelle loi dans l’entreprise. Mais, en cas de syndicats récalcitrants à entrer dans une telle démarche, l’entrepreneur aura la possibilité de fixer, par un contrat individuel de gré à gré avec son salarié, un horaire pouvant atteindre 48 heures par semaine.
Concernant les cadres et tous les salariés considérés comme autonomes dans l’organisation de leur travail, leur nombre de jours travaillés pourra atteindre 282 jours sur une année. Ces salariés bénéficieront de 5 semaines de congés et d’une seule journée de repos hebdomadaire.
Tous les jours fériés, sauf le 1er mai, disparaîtront.
De plus, aucune définition précise de cette autonomie n’ayant été définie, demain les salariés considérés comme autonomes risquent de se multiplier.
Pouvoir d'achat : Leurre de vérité.
C’était SON sujet de campagne de prédilection. Le pouvoir d’achat. L’heure de vérité a définitivement sonné pour Nicolas Sarkozy qui laisse la main aux publicitaires sur le sujet.
Un terrible aveu d’échec, d’impuissance. La série de cinq spots diffusés à la télé ne crève vraiment pas l’écran.
Le gouvernement diffuse depuis le 23 juin une série de cinq spots sur nos écrans télé. Une campagne de communication autour des mesures prises depuis un an en faveur du pouvoir d’achat(*).
Des encarts dans tous les quotidiens sont aussi insérés. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement communique par voie de spots publicitaires. Mais sur le pouvoir d’achat des Français, il fallait oser.
Au programme donc ce soir : les petits “plus” pour “mois après mois, gagner la bataille du pouvoir d’achat” (c’est la petite phrase de fin de spot). Défiscalisation des heures supplémentaires, exonérations d'impôt pour les jobs étudiants, diminution de la caution locative et exonération des intérêts d'emprunt à l'achat d'une résidence principale: les réformes seraient… mal comprises. Cette fois, cela ne prend plus.
Au menu: une publicité aseptisée, sans saveur, qui nous propose ni plus ni moins que “du leurre dans les épinards” pour reprendre le titre du dernier Canard Enchaîné. L’adition est salée. Cette pub’ parvient-elle à nous convaincre que les mesures mises en place ont un effet réel et direct sur notre pouvoir d’achat? Non, les salariés ne sont pas dupes. Lorsqu’on le secoue, le porte-monnaie de nos concitoyens ne fait pas, lui, “bling-bling”. Pas de bruit, pas de sous. Il est vide.
Au-delà des mesures sur lesquelles la CFTC s’est déjà exprimée, c’est la méthode qui est déplacée. L’Insee annonce une stagnation du pouvoir d’achat pour 2008. Le gouvernement ne donnerait pas de coup de pouce au Smic au 1er juillet. “Vous êtes impatients (?)”, chante en ritournelle les spots télé.
Nous aussi monsieur le président de la République ! Mais impatients de mesures efficaces qui changent vraiment notre quotidien ! à l’heure où la commission Copé préconise la suppression de la publicité sur la télévision publique, cette publicité-là mérite vraiment de passer à la trappe.
(*) Loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat du 21 août 2007, loi pour le pouvoir d’achat du 8 février 2008 et le projet de loi de modernisation de l’économie du 28 avril 2008.
La réduction du temps de travail vole en éclat avec la promulgation de cette loi.
Encore une fois, ce sont les seuls salariés qui supporteront le poids de cette réforme.
Les entreprises, après avoir obtenu une flexibilité importante et les aides financières, vont garder tous ces acquis sans rien céder et encaisser ce nouveau cadeau du gouvernement.
Quant aux salariés, ce qui les attend, ce n’est pas un retour à la situation initiale des 39 heures, c’est la possibilité d’une explosion de leur durée de travail dès la rentrée prochaine. Cette explosion répondra aux besoins des entreprises.
Certes, les accords d’entreprises majoritaires seront nécessaires pour appliquer cette nouvelle loi dans l’entreprise. Mais, en cas de syndicats récalcitrants à entrer dans une telle démarche, l’entrepreneur aura la possibilité de fixer, par un contrat individuel de gré à gré avec son salarié, un horaire pouvant atteindre 48 heures par semaine.
Concernant les cadres et tous les salariés considérés comme autonomes dans l’organisation de leur travail, leur nombre de jours travaillés pourra atteindre 282 jours sur une année. Ces salariés bénéficieront de 5 semaines de congés et d’une seule journée de repos hebdomadaire.
Tous les jours fériés, sauf le 1er mai, disparaîtront.
De plus, aucune définition précise de cette autonomie n’ayant été définie, demain les salariés considérés comme autonomes risquent de se multiplier.
Pouvoir d'achat : Leurre de vérité.
C’était SON sujet de campagne de prédilection. Le pouvoir d’achat. L’heure de vérité a définitivement sonné pour Nicolas Sarkozy qui laisse la main aux publicitaires sur le sujet.
Un terrible aveu d’échec, d’impuissance. La série de cinq spots diffusés à la télé ne crève vraiment pas l’écran.
Le gouvernement diffuse depuis le 23 juin une série de cinq spots sur nos écrans télé. Une campagne de communication autour des mesures prises depuis un an en faveur du pouvoir d’achat(*).
Des encarts dans tous les quotidiens sont aussi insérés. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement communique par voie de spots publicitaires. Mais sur le pouvoir d’achat des Français, il fallait oser.
Au programme donc ce soir : les petits “plus” pour “mois après mois, gagner la bataille du pouvoir d’achat” (c’est la petite phrase de fin de spot). Défiscalisation des heures supplémentaires, exonérations d'impôt pour les jobs étudiants, diminution de la caution locative et exonération des intérêts d'emprunt à l'achat d'une résidence principale: les réformes seraient… mal comprises. Cette fois, cela ne prend plus.
Au menu: une publicité aseptisée, sans saveur, qui nous propose ni plus ni moins que “du leurre dans les épinards” pour reprendre le titre du dernier Canard Enchaîné. L’adition est salée. Cette pub’ parvient-elle à nous convaincre que les mesures mises en place ont un effet réel et direct sur notre pouvoir d’achat? Non, les salariés ne sont pas dupes. Lorsqu’on le secoue, le porte-monnaie de nos concitoyens ne fait pas, lui, “bling-bling”. Pas de bruit, pas de sous. Il est vide.
Au-delà des mesures sur lesquelles la CFTC s’est déjà exprimée, c’est la méthode qui est déplacée. L’Insee annonce une stagnation du pouvoir d’achat pour 2008. Le gouvernement ne donnerait pas de coup de pouce au Smic au 1er juillet. “Vous êtes impatients (?)”, chante en ritournelle les spots télé.
Nous aussi monsieur le président de la République ! Mais impatients de mesures efficaces qui changent vraiment notre quotidien ! à l’heure où la commission Copé préconise la suppression de la publicité sur la télévision publique, cette publicité-là mérite vraiment de passer à la trappe.
(*) Loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat du 21 août 2007, loi pour le pouvoir d’achat du 8 février 2008 et le projet de loi de modernisation de l’économie du 28 avril 2008.
1 commentaire:
Bonjour,
Juste quelques explications concernant les chiffres sur les 35h diffusés sur ce blog et qui ne sont pas les plus médiatisés. Les voici :
Avec ce texte, si la durée légale de 35 heures est maintenue, chaque entreprise pourra de fait négocier sa durée du travail et ses contreparties (repos compensateur actuel remplaçable par une "contrepartie obligatoire en repos", librement négociable et non plus fixée par la loi) en dérogeant aux obligations jusqu'ici établies par les branches.
Concrètement, l'employeur pourra dépasser le contingent d'heures supplémentaires actuel (maximum 220 heures/an), sans plus avoir à demander l'autorisation de l'inspection du travail, sous réserve de ne pas dépasser 48 heures par semaine (405 heures/an).
Les "forfaits", qui concernent surtout les cadres, seront étendus aux salariés "autonomes", avec par défaut, un plafond de 235 jours travaillés. En outre, rien n'empêchera une entreprise de décider, par accord, un plafond supérieur à 235 jours, dans la limite de 282 jours.
Et enfin, à la grande question pourquoi ne resterait-il que le 1er mai ? Il faut juste faire un peu de calcul :
365 jours - 52 samedis - 52 dimanches - 25 jours de congés payés = 236 jours auxquels on retire le 1er mai et on arrive au chiffre magique de 235 jours travaillés !
Enregistrer un commentaire