mercredi 21 mars 2007

DIALOGUE DE SOURDS DIRECTION SYNDICATS


Alcatel-Lucent : dialogue de sourds entre direction et syndicats [ 19/03/07 ]LES ECHOS

Devant 27 élus du personnel venus de neuf pays européens, la directrice générale, Patricia Russo, s'est efforcée de justifier et d'expliquer l'ampleur des suppressions d'emplois. Les syndicats stigmatisent un plan de délocalisation.

Un dialogue long de plusieurs heures, mais un dialogue de sourds. Le comité de groupe européen d'Alcatel-Lucent qui s'en tenu vendredi a laissé un goût amer parmi les 27 élus du personnel venus de neuf pays. Toute la journée, la direction a défilé pour tenter de justifier et d'expliquer son plan de 12.500 suppressions d'emplois dans le monde, dont 4.500 en Europe et 1.468 en France. Pas moins de douze patrons d'activités et de filiales étaient présents. Tous n'ayant pas eu le temps de s'exprimer, les discussions se prolongeront ce vendredi.
Pour la première fois, la directrice générale, Patricia Russo, avait accepté de présider la réunion. Intervenant pendant deux heures et demie, elle est restée ferme quant à l'ampleur du plan de suppression d'effectifs, répétant que celui-ci était « la conséquence directe de la redondance liée à la fusion et au rachat des activités UMTS de Nortel », indique un communiqué de la direction. Elle a également évoqué la dégradation des conditions de marché et la nécessité d'« ajuster » certaines activités.
Assaillie de questions de syndicalistes dénonçant un plan de délocalisation vers les pays à bas coûts, elle leur a répondu que les pays émergents connaîtraient également des réductions d'effectifs. « Après des années de forts recrutements, les suppressions d'emplois en Inde et en Chine seront minimes », temporise Dominique Campagna, élu CGT. « Tous les patrons présents n'ont cessé d'évoquer la nécessité de se rapprocher des clients, ajoute Hervé Lassale, délégué CFDT. Vu le potentiel de croissance en Asie, on comprend ce que cela veut dire. » Recours en référé Pour Pat Russo, la présence dans les pays émergents est « indispensable pour adapter les produits aux caractéristiques propres à ces marchés très porteurs ». Mais elle a également dit vouloir conserver une forte activité de recherche et développement en Europe et aux Etats-Unis. Ainsi, la France maintiendra ses centres de compétences dans plusieurs domaines (optique, GSM, UMTS, WiMax, convergence, entreprise). « Mais cela se fera à effectifs réduits », dénonce Hervé Lassale.
Au final, chacun semble donc avoir campé sur ses positions dans un climat « très tendu », au dire d'un participant. « Patricia Russo nous a envoyé une message de dialogue, mais pas de négociation, ajoute Dominique Campagna.
Elle veut aller vite pour lever les incertitudes auprès des clients. » Les syndicalistes cherchent, au contraire, à gagner du temps. « La direction n'a toujours pas fourni d'informations précises justifiant l'ampleur du plan social », regrette Alain Hurstel, secrétaire CFDT du comité d'entreprise européen. Un recours en référé a été déposé auprès du tribunal de grande instance. Il est demandé à la justice d'interdire à Alcatel-Lucent de mettre en oeuvre son plan social tant que l'information du comité de groupe européen n'a pas été complétée. L'audience aura lieu demain matin. Dans un second temps, l'objectif des syndicats est de faire reculer Alcatel-Lucent sur le nombre de suppressions de postes. Cela ne pourra se faire que pays par pays, filiale par filiale. Certains n'excluent pas alors que le mouvement se radicalise.

Alcatel-Lucent: Patricia Russo reste ferme sur les suppressions d'emplois [ 19/03/07 - 08H57 - AFP ]

La directrice générale de l'équipementier en télécommunications Alcatel-Lucent, Patricia Russo, réaffirme que le groupe ne reviendra pas sur sa décision de supprimer 12.500 postes et se défend de délocaliser la recherche et développement, dans un entretien à La Tribune de lundi.
"Nous ne prévoyons pas de revenir sur le nombre global de 12.500 suppressions de postes", déclare Mme Russo au quotidien économique. "Mais nous discuterons des modalités de mise en oeuvre", ajoute-t-elle.
Alcatel-Lucent a annoncé le 9 février la suppression de 12.500 emplois dans le monde, dont 1.468 en France soit 12% des effectifs, dans le cadre d'un plan d'économies de 1,7 milliard d'euros sur trois ans.
Entre 3.000 et 5.000 salariés venus de tous les sites européens ont manifesté contre ce plan social jeudi à Paris. Une nouvelle journée d'action, cette fois nationale, est prévue jeudi 22 mars.
"C'est humain. Mais sur le long terme, cela pourrait perturber la bonne marche de l'entreprise", estime Mme Russo à propos de cette mobilisation.
Selon elle, les suppressions de postes se justifient par la concurrence et par un environnement difficile. "De nouveaux acteurs émergent" et, pour répondre à cette concurrence, Alcatel-Lucent doit avoir "une structure de coûts compétitive", juge-t-elle.
La directrice générale du groupe se défend également de vouloir délocaliser les activités de recherche et développement d'Alcatel-Lucent.
"On dit que ce plan a pour objectif de déplacer la recherche et développement vers les pays à bas coûts. Ce n'est pas vrai. Les marchés émergents requièrent des développements spécifiques. C'est pourquoi nous devons avoir des compétences là-bas", explique Patricia Russo.
"En Europe de l'Ouest et aux Etats-Unis, nous avons des centres de compétences que nous maintenons dans le cadre de ce plan", ajoute-t-elle.

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